Brèves de Sicile : voiture possédée, panneaux mystères et lumbago
Suite au crash total de ce blog suite à une migration compliquée, je vais reprendre les “Vu, lu, entendu, pensé” qui deviennent les “Instant’” parce que je trouve ça mieux. Volume 4 des Instant’, qui était prêt pour publication en septembre. Mmm… Je ne désespère pas d’être plus régulière dans cette écriture car y a des anecdotes que je pourrais replacer dans des récits, je suis sûre. Bref, aujourd’hui, je vais vous raconter les petits riens de la Sicile qui n’ont pas la place dans les articles que je prévois d’écrire.

La conduite en Sicile, une grande panique
Quand nous avons décidé de partir en Sicile, il était évident que le plus simple serait de louer une voiture. Et dans notre couple, c’est qui qui conduit : moi. Seulement moi puisque mon mec n’a pas le permis. Et la conduite, ça m’angoisse beaucoup. Tellement que j’en ai parlé à mon hypnothérapeute parce que ça me filait mal au ventre. Parce qu’ici, on se retrouve à la confluence de deux faits, une angoisse et une croyance. Les faits :
- Je ne conduis qu’une fois par an, même si c’est pendant dix jours d’affilée. En conséquence, je ne peux pas vraiment me reposer sur mon expérience et mes réflexes.
- La conduite italienne est sportive. Je me souviens quand j’y étais allée en 2016, je m’étais retrouvée seule dans les rues d’une moyenne ville, j’étais paniquée à l’idée de traverser la route tellement ça fusait dans tous les sens.
- Croyance limitante : je suis une mauvaise conductrice. Parce que le manque d’expérience, certes, mais surtout l’étourderie. Croyance limitante à explorer pour un prochain article : mon étourderie.
- Mon angoisse : l’argent. Ca, ça me saoule parce que c’est un pur héritage d’une angoisse familiale qui vient du côté de mon père. Du côté bourgeois donc. C’est ma mère, la transfuge de classe. Après, peut-on avoir peur de perdre ce que l’on a jamais eu, vous avez quatre heures. Quand j’ai su que je perdais mon taf, l’argent a été la première source d’angoisse. Juste après le fait qu’on ne pourrait pas partir en Nouvelle-Zélande comme prévu et que, vraiment, j’étais un boulet pour mon mec. Du coup, j’avais super peur de l’accrochage qui pourrait me faire perdre de l’argent.

La magie de l’hypnothérapie
Avec l’hypnothérapeute, on a travaillé sur mes angoisses de conduite et… Depuis que je la vois, mon hypno, j’ai l’impression que chaque séance me fait du bien mais je ne savais pas si c’était juste de parler ou s’il y avait autre chose. Et bien, là, je dois avouer que ma conduite s’est nettement détendue. Pas le premier soir qui fut horrible, cf point suivant. Mais petit à petit, je me suis détendue. Jusqu’à cette route de montagne où Victor faisait de l’huile à côté de moi tandis que moi… J’avais littéralement posé ma main gauche sur ma cuisse en mode totale détente. Alors que la même route deux ans plus tôt en Dordogne m’avait donné envie de pleurer. Oh waouh…

Une première soirée italienne de l’angoisse
Cependant les premières minutes ne furent pas dans la même veine. Faut dire que notre première soirée fut… épique ? Non, chaotique, je dirais.
- Étape 1 : arrivée à l’aéroport de Catane. Vol ok. À l’aéroport, on ne sait pas où trouver notre loueur de voiture. On finit par trouver grâce à Maps et là “ah mais vous avez une carte de débit donc faut payer l’assurance à 199 € et la caution à 300€.” Paraît qu’on nous rendra les 300€ mais de ce que je viens de lire sur Internet, je peux m’asseoir dessus. Mon chômage appréciera.
- Étape 2 : on récupère la voiture, un énorme truc de la marque MG. OK, je connaissais pas. Bonne nouvelle, c’est une automatique. Mais une automatique new gen sans clé ni levier de vitesse. J’ai mis 10 mn à trouver comment démarrer.
- Étape 3 : Conduire en Sicile… T’as des scooters qui surgissent de partout et te coupent la route, personne ne semble comprendre le concept de voies et ça croise dans tous les sens. Ca roule aussi au milieu parce que la ligne de démarcation, là, elle sert à rien.
- Etape 4 : Arrivés à l’hôtel sans avoir abîmé la voiture. Je laisse mon mec avec toutes mes affaires à l’accueil pendant que je vais poser la voiture au parking. Et là… je n’arrive pas à en sortir. J’ai dû tourner bien 15 mn car la réception était à droite mais je devais rentrer à gauche, monter au troisième pour retrouver la réception. Et évidemment, je n’avais pas mon téléphone, laissé avec mes affaires. Mon mec qui essayait de m’appeler, inquiet… Saviez-vous que l’un de mes cauchemars récurrents, c’est précisément ça ? Que mon mec s’inquiète car il n’arrive pas à me joindre et, de mon côté, je n’arrive pas à l’appeler ? Et bah, c’était peut-être prémonitoire, finalement.

Bon, on a fini par se retrouver mais moi qui avais hâte de lui montrer la Sicile, là, de suite, mon enthousiasme est légèrement douché… Et en plus, le resto de l’hôtel était particulièrement dégueulasse. Le pire du séjour.

Christine, la voiture possédée
Christine ? Oui, Christine, ma voiture sicilienne. Non aucun rapport avec Titine, surnom affectueux que l’on donne aux voitures. Et si quelqu’un sait pourquoi, j’aimerais savoir car je trouverais “Tuture” plus logique mais on ne m’a pas demandé mon avis. BREF. Elle s’appelle donc Christine en hommage au roman de Stephen King. Ou au film de Carpenter. La voiture hantée qui te veut du mal, quoi.

Car Christine fait des trucs toute seule. Genre elle me pousse quand elle trouve que je suis trop à droite ou à gauche. Alors tu es bien gentille Christine mais au pays où on respecte moyennement les voies, parfois, j’ai besoin d’aller mordre un peu à droite pour pas me refaire dessiner l’aile gauche. Mais surtout Christine… Laisse-moi me rabattre ??? Non parce qu’en fait, ce que j’ai pris pour une possession par un démon qui me voulait du mal, c’est l’assistance à la conduite intelligente. Alors que tu joues avec les phares, ok, c’est pratique. Me faire freiner parce que ça circule moyen, déjà, plus flippant. Mais que tu essaies de me maintenir à gauche alors que j’ai fini de doubler et que je voulais retourner à droite tout en douceur, es-tu sérieuse Christine ?

Et tant qu’on y est : klaxonner quand je ferme la voiture car, soit disant, le coffre est ouvert (non) mais ne rien me dire sur la vitre arrière réellement ouverte, ce n’est pas bien raisonnable.
Bref, je conduis une fois par an et je chope une voiture possédée.
Le lumbago nul
Mon corps me lâche. Petit à petit. Les joies de la périménopause. Ah oui, 2025, j’ai eu licenciement (enfin, « rupture conventionnelle« ), mort de mon chat adoré et donc la périménopause en mode on/off. Ainsi, j’ai eu des bouffées de chaleur pendant les ⅔ de notre séjour sicilien alors qu’il faisait en moyenne 32-35°, yeah. Après, c’est surtout la nuit que c’est chiant parce que ça me réveille. Par contre, effet kiss kool cool : je devais avoir mes règles juste avant les vacances, elles ont sauté un tour. Bref, mon corps prend un peu cher avec cet infini roller coaster.
Sicile, quatrième jour. Le plan de la journée est mal établi. Je voulais aller à Raguse puis à Modica mais Maps m’annonce deux heures de route avec un “incendie majeur” au milieu. Mince… Déjà que je conduis une voiture possédée, est-ce utile de rajouter des cendres et des flammes ? On décide qu’il est urgent d’attendre donc allons à la piscine.

Je me mets en maillot et, juste avant de quitter la chambre. Je me baisse pour poser le téléphone sur la table de chevet. Et là… Je suis foudroyée par une douleur au dos, la sensation d’une soudaine barre de fer sur mes reins. Je crie de douleur et de surprise. Bon bah… lumbago. Désormais allongée sur le lit, je regarde sur Internet. “Le lumbago survient généralement en portant une charge lourde ou après un mouvement brusque”. Moi, je me suis demi-penchée sur une table de chevet. Je suis en mousse.

Et j’ai pas passé une super journée parce que, outre la douleur, je paniquais. On devait quitter l’hôtel le lendemain pour rejoindre Agrigento et qui est la seule personne du couple à avoir le permis. Heureusement, des séances de piscine et de marche lente m’ont bien aidée.
La Sicile et ses vitesses aléatoires
Quand j’ai rendu Christine en parfait état, enfin, dans le même état que celui dans lequel je l’avais récupéré, j’ai jubilé. “Ahah, je vais pouvoir réclamer la caution ! J’espère juste ne pas avoir pris de PV”. Ah oui, pour finir sur cette histoire de caution de 300 balles… Elle m’a bien été restituée sans même que j’ai besoin de râler.

Pourquoi j’avais peur de prendre un PV ? Parce que les limitations de vitesse sont… j’ai rien compris. En France, grosso modo, la vitesse dépend de l’endroit où tu es. Ville, c’est 30 ou 50, les départementales et nationales entre 80 et 90 selon le choix de la préfecture, rocades 110, autoroutes, 130. Avec quelques exceptions, oui, merci de pas venir m’expliquer que le périph parisien est désormais à 50. Bref, à part dans des zones difficiles, on est là-dessus. Et puis tu as la Sicile. J’ai vu toutes les limitations de vitesse. Même 20 et 40. Et ça n’avait aucune logique. Certaines routes tortueuses étaient à 90. Tu roules à 90 là, tu meurs. Enfin, je dis ça, j’ai été dépassée par une Alpha Roméo bien nerveuse sur la fameuse route de montagne qui menait à Raguse et qui semblait motivée à rouler à cette vitesse-là. D’autres fois, tu avais une belle route bien plate et large avec de la visibilité… Non, 50. Je ? Du coup, fallait pas être un peu déconcentrée car tu ne pouvais pas savoir d’instinct la bonne vitesse.

L’impossibilité de rester à la bonne vitesse
Et puis… en vrai, c’est difficile de respecter la limite de vitesse quand tu es la seule à le faire. Franchement, la conduite en Sicile, c’est “on s’en fout des règles”. Il y a une sorte d’accord tacite où chacun fait de la merde mais ça a l’air de passer parce qu’il y a une forme d’intelligence collective. Tout le monde conduit vite. D’ailleurs, c’était ma blague en début de séjour “tu reconnais les touristes car ce sont ceux qui conduisent à droite et respectent les limites de vitesse”. Au début, j’essayais d’être le plus scrupuleuse possible. A la fin, je suivais le rythme moyen et je doublais sur des lignes blanches, “comme tout le monde”. Ce que je n’aurais absolument pas idée de faire en France. Bref, les panneaux de vitesse semblaient littéralement tirés au sort et tout le monde s’en foutait. Non mais qui avait déjà vu un panneau 40 ?
Le ventilateur hanté
Je sais pas si vous avez noté mais quand je raconte une anecdote un peu nulle, j’aime inventer des histoires de fantômes et de possession. Finalement, je devrais peut-être arrêter d’essayer d’écrire des dystopies ou des “comédies de société” (?) pour me consacrer sur des histoires fantastiques. Bref. San Vito lo Capo, deuxième soir. San Vito lo Capo est une station balnéaire adorable de Sicile mais je lui dédierai un article dans Dans mes petits carnets. La veille, le tenancier de B&B nous avait expliqué comment fonctionnait le ventilateur de la chambre mais la télécommande ne marchait pas et on n’avait pas insisté.

Le soir suivant, nous sommes posés sur le lit à bouquiner quand soudain… le ventilateur se met en route. Pardon ? Un instant, je pense que c’est la statue flippante de l’église dont je me suis moquée qui vient se venger. Non mais pardon mais je dois vous montrer la dite statue :

Moi, je suis sûre que la nuit, elle tue ceux qui oseraient s’aventurer dans l’église. Mais non, en fait, pas de fantômes. Le tenancier était en train de faire visiter la chambre voisine et quand il a voulu leur expliquer comment marchait le ventilateur avec leur télécommande, il a actionné le nôtre. Bon, par contre, j’ai beau lui avoir expliqué qu’il y avait sans doute eu échange de télécommande, il n’a pas bien compris ce que je lui voulais.
Nota Bene : c’est cool un ventilateur de plafond, quand même. Même si c’est mieux quand c’est toi qui le pilote et pas le voisin de chambre.
Vu, lu, entendu
Les survivants
Petite série australienne franchement pas mal. L’histoire : Kieran revient dans sa ville natale quinze ans après une nuit de tempête où trois habitants sont morts. Finn, son frère, et Brody, sont morts en secourant Kieran coincé dans une grotte. Gabby, elle, a disparu cette même nuit mais on n’a jamais su comment. Alors qu’une célébration est prévue pour la commémoration de la mort des garçons, Bronte, une jeune serveuse qui a décidé d’enquêter sur la mort de Gabby, est tuée à son tour. Et l’enquête se relance. C’est le thriller classique de la mort suspecte dans une petite communauté. Tout le monde se suspecte, les amitiés prennent cher. Et à chaque épisode, son suspect “mais en fait, c’est pas lui”. Une mini-série à binge-watcher tranquillement. Puis y a un passage avec de la bioluminescence dans la mer et ça, j’ai aimé.

Une nature sauvage
Ah ben puisque je suis dans ma phase thriller, allons-y. L’histoire : un meurtre ou un suicide a lieu dans un parc naturel américain et le policier du coin va enquêter. Le côté enquête est pas mal et on retrouve dans le rôle de la Padawan de service Lili Santiago. Actrice que je trouvais insipide dans La Brea mais là, je l’ai bien aimée. Elle faisait face à Eric Bana qui joue un flic endurci par la vie, notamment le deuil de son fils, et qui se la joue un peu solo parce qu’il est trop fort et… Ah mais non, putain. Ok, donc c’est Dr House dans la forêt. Un trou du cul, à qui on pardonne tout parce qu’il est traumatisé, maltraite une jeune recrue. Mais à la fin, il lui dit “non mais tu fais du bon boulot” et c’est genre une happy end. La série est pas mal mais cet archétype, j’en peux plus, voilà.

Valentine
BD en six tomes sur les aventures ordinaires d’une adolescente des années 2000. Début 2000, pré smartphone. J’ai lu les quatre premiers tomes qui étaient disponibles sur Nextory un peu par hasard. Et c’est fort sympa. L’autrice, Vanyda, saisit parfaitement les tourments de l’adolescence. L’amour secret de Valentine pour un garçon de son collège, ses relations amicales, les soirées… La petite vie normale d’une adolescente qui pourrait être votre voisine. Rafraîchissant. J’ai hâte que les tomes 5 et 6 soient disponibles.

Première Dame
Une autre BD dans un ton radicalement différent. J’hésite à en faire un article. L’histoire. Victoria Coraly est une actrice engagée qui ne tourne que dans des films à portée sociale. Par hasard, elle rencontre le Président de la République, un genre de Patrick Sébastien, ancien pilier de rugby, fraîchement divorcé. Les opposés s’attirant, Victoria et Thierry, le président, se tournent autour. Ce qui n’échappe pas au paparazzis. Propulsée dans le rôle de Première Dame, Victoria décide d’utiliser son pouvoir pour faire avancer ses causes. Une petit BD fort sympa, qui se lit bien. On reconnaîtra quelques archétypes bien trop réalistes comme le Ministre de l’intérieur un brin facho qui surfe sur tout ce qui touche la “sécurité” pour se tailler une route jusqu’à l’Elysée. Oui, ça pourrait être Valls, Darmanin ou Retailleau, je ne suis pas certaine de qui a servi de modèle. Bref, je l’ai prise parce que je pensais que c’était dans la même veine que mon idée de Melania, la cinquième colonne mais pas du tout.
Scénario de Fab Caro
le bouquin entamé cet été et donc j’ai dû lire une quarantaine de pages. Il me sert de bouche-trou quand j’ai fini un bouquin de la bibliothèque et que j’ai pas le temps d’aller en chercher un nouveau. Je vais aller jusqu’au bout car je m’interroge. Est-ce fait exprès que le personnage principal soit un tel trou du cul qui prend systématiquement exemple sur les pires ordures du cinéma genre Woody Allen, Johnny Depp, Luc Besson… ? Vraiment, je vais essayer de le finir mais pour le moment, j’ai hâte que le personnage se mange un mur tellement je ne le supporte pas. Et n’avoir aucune empathie pour le personnage personnel, qui sert accessoirement de narrateur dans un roman écrit à la première personne, c’est un peu complexe.

Un peu de musique ? Allez, on s’engage un peu pour ce dimanche, une chanson que j’ai pas mal écoutée depuis mon retour de Sicile.
